QUAND VINGT ANS DE CARRIÈRE DEVIENNENT UNE DÉCLARATION À LA RUMBA

FALLY IPUPA – XX : DÉLIRIUM

Il y a les albums qui accompagnent une carrière, et ceux qui viennent en raconter une partie. Avec « XX : Délirium », Fally Ipupa choisit clairement la deuxième voie. Sorti le 18 septembre 2026, ce nouveau projet arrive dans une année particulière pour l’artiste congolais : celle de ses 20 ans de carrière solo, entamée en 2006 avec Droit Chemin. Après « XX », dévoilé au printemps dans une orientation davantage ouverte aux sonorités urbaines et internationales, Fally Ipupa revient ici vers un terrain qui constitue l’une des fondations de son identité : la rumba congolaise. Le contraste entre les deux volets donne une lecture intéressante de cette célébration. D’un côté, l’artiste regarde vers l’extérieur ; de l’autre, il revient puiser dans ce qui a construit son langage musical.

51 titres pour un seul voyage

Avec 51 morceaux répartis sur quatre volumes, XX : Délirium impressionne d’abord par son format. Fally Ipupa ne livre pas simplement une succession de titres : il propose une œuvre particulièrement dense, capable de faire cohabiter plusieurs ambiances au sein d’un même projet. La tracklist traverse notamment des titres comme « Wanna Dance », « Prosternez-vous », « Doudou », « Crime Passionnel », « Amour Cruel », « Delirium », « Complices », « Euphorie », « Je N’aime Que Toi », « Bonheur Parfait », « Reyna », « Partenaire », « Minuit », « Emmène Moi », « RDV » ou encore « C’est Comment ». Cette abondance permet surtout à Fally de ne pas enfermer la rumba dans une seule couleur. Les morceaux sentimentaux, les rythmiques dansantes et les titres plus introspectifs se succèdent, dessinant un album qui peut se découvrir progressivement plutôt que d’un seul bloc.

Retour aux racines

Mais l’intérêt de XX : Délirium ne se limite pas à son nombre de titres. Le projet s’inscrit aussi dans une démarche de transmission. Plusieurs morceaux revisitent en effet des références importantes du patrimoine de la rumba congolaise. L’album est notamment présenté comme un hommage à des figures et œuvres qui ont contribué à construire cette musique, avec des clins d’œil à Franco, Josky Kiambukuta, Tabu Ley Rochereau ou encore Koffi Olomidé. Ce choix prend une dimension particulière dans le parcours de Fally Ipupa. Vingt ans après le lancement de sa carrière solo, l’artiste ne cherche pas uniquement à montrer jusqu’où sa musique peut aller : il rappelle aussi d’où elle vient.

Une autre manière de célébrer vingt ans

Fally Ipupa aurait pu transformer cet anniversaire en simple rétrospective. Il choisit plutôt de produire encore. XX : Délirium devient ainsi une photographie de son présent, mais avec une mémoire musicale très présente. Les premiers extraits dévoilés avant l’album, notamment « Wanna Dance », « Complices » et « Kitamata », avaient déjà permis d’installer cette direction. Plus tard, « Ami Chéri » et « Bonheur Parfait » sont venus prolonger cette approche avant la sortie complète du projet. Le résultat est un projet qui assume pleinement son identité congolaise tout en s’inscrivant dans la trajectoire internationale construite par Fally Ipupa depuis ses débuts en solo.

Fally Ipupa, entre héritage et nouvelle génération

Avec XX : Délirium, Fally Ipupa raconte finalement quelque chose de plus large qu’un simple nouvel album. Il met en dialogue plusieurs générations de musique congolaise : celles qui ont posé les fondations de la rumba, celle à laquelle il appartient et celle qui découvre aujourd’hui cette musique à travers de nouveaux formats. C’est peut-être là que réside la singularité de ce projet anniversaire : ne pas choisir entre mémoire et modernité. Après deux décennies de carrière solo, Fally Ipupa transforme donc XX : Délirium en une longue traversée musicale, où les racines occupent une place centrale. 51 titres, quatre volumes et une même idée en filigrane : célébrer vingt ans de parcours en revenant à la musique qui constitue le cœur de son identité.